Visiter Soissons en une journée

Publié le par hunza

Située dans l'Aisne, dans la région de la Picardie, Soissons n'est qu'à un peu plus d'une heure en train de Paris. Peut-être avez-vous déjà entendu l'histoire du vase mais qui sait que la ville a été un temps la capitale du royaume de France ? Que des abbayes au rayonnement immense y ont été fondées ? Que la cathédrale fait partie des toutes premières réalisations de "l'art gothique français"? Que le style art-déco a inspiré la reconstruction de nombreuses façades d'immeubles après le désastre de la première guerre mondiale ? Non, eh bien ! laissez-vous tenter par une découverte de Soissons. 

L'Aisne à Soissons, quai Saint-Waast (à droite)

L'Aisne à Soissons, quai Saint-Waast (à droite)

 

Comment venir à Soissons :

En train, compter 1h10 minutes environ pour un trajet de 85 km au départ de Paris Nord :

Pour les horaires, cliquez ici

 

Pour se déplacer, on peut aussi utiliser le covoiturage : https://www.blablacar.fr/

 

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Cartes de la ville 

L'office du tourisme se trouve à côté de la cathédrale, au n°16 de la place Fernand Marquigny, à 1,7 km à pied de la gare SNCF. Il distribue un dépliant explicatif sur un circuit découverte du centre historique de la ville (balisage de flèches en bronze frappées d'une fleur de lys clouées dans le sol).

Pour consulter le plan du centre-ville de Soissons délivré par l'office du tourisme, cliquez ici

Pour consulter le plan de Soissons sur OpenStreetMap, cliquez ici

Pour afficher Soissons et ses environs sur le site GEOPORTAIL, cliquez ici

 

Météo :

Pour la consulter, cliquez ici

 

Brève histoire de Soissons

 

Le territoire est occupée par la tribu gauloise des Suessons.

20 avant J.-C. : fondation d'Augusta Suessionum par les Romains

Durant la deuxième partie du 1er siècle après J.-C. : construction d'un théâtre qui est l'un des plus grands de la Gaule avec une capacité de 20 000 places. Des traces de ce monument romain sont encore visibles dans la cour du lycée Camille Claudel).

3ème siècle : des remparts sont érigés pour protéger des invasions "barbares" la ville réduite à une surface de 12 hectares.

4ème siècle : fondation de l'évêché de Soissons.

486 : à proximité de Soissons, l'armée de Clovis bat les troupes du général romain, Syagrius, et annexe le territoire que ce dernier gouvernait au nord de la Seine. Clovis choisit Soissons pour être sa capitale.

Episode du vase de Soissons raconté par Grégoire de Tours un siècle plus tard l'évêque Remi demande à Clovis de récupérer un précieux vase. Clovis accepte mais, lors du partage du butin, un soldat refuse de le céder et le casse en s’écriant : « Tu ne recevras que ce que le sort t’attribuera vraiment ! ». En 487, lors d'une revue de ses troupes sur le Champ de Mars, Clovis reconnait le soldat, lui reproche le manque d'entretien de ses armes, lui prend sa hache, la jette par terre et pendant que l'homme se baisse pour la ramasser, il lui fend le crâne en lui disant : « Souviens-toi du vase de Soissons ! ». Désormais, la volonté du roi ne sera plus contestée.

11ème siècle : élévation d'une nouvelle enceinte

16ème siècle : les remparts sont agrandis car Soissons est considérée comme une place forte sur la route de Paris. 

1567 - 68 : occupation de la ville par les Huguenots qui en profitent pour la saccager.

A partir de 1885, les remparts sont détruits et remplacés par des boulevards.

2 - 12 septembre 1914 : Soissons est occupée par les Allemands.

Jusqu'en mars 1917, les Allemands sont sur la côte 312 et bombardent quotidiennement la ville qui sera détruite à 80 %.

Printemps 18 - été 18 : les Allemands reprennent et réoccupent la ville.

Après guerre, Soissons est déclarée "ville martyre" et sa reconstruction va permettre d'aménager des rues plus larges et de construire des logements plus modernes. 

 

Visite de Soissons
(28 500 habitants en 2018)
Labellisée ville d'art et d'histoire depuis 1988

 

La cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais

C'est en 1175 que débutent les travaux (transept sud) qui vont durer jusqu'à 1479. Elle fait partie des premières cathédrales gothique de France.

Lors de la 1ère guerre mondiale, elle fut détruite à 80 % et les travaux de restauration durèrent jusqu'en 1937.

L'édifice est bâti avec de la pierre blanche qui est du calcaire provenant de carrières voisines de Soissons.

Quelques chiffres : 116 m de long, 25,6 m de large et 20,33 m de hauteur.

A l'extérieur, la tour sud ne reçut jamais la flèche qui était prévue à l’origine et la tour nord n'a jamais été édifiée.

Cathédrale de Soissons

Cathédrale de Soissons

 

Cathédrale de Soissons

 

A voir à l'intérieur :

- le transept sud : c'est la partie la plus ancienne de la cathédrale car, d'une part, il a une forme semi-circulaire comme ceux de Noyon et, d'autre part, il a 4 niveaux d'élévation avec à sa base une architecture romane. Il appartient donc à cette période appelée "le 1er âge gothique". 
- dans la chapelle attenante au transept sud, on peut y voir aussi une "Vierge en majesté" du 12ème siècle (?) sculptée dans du bois et un gisant, le Christ, en marbre réalisé vers 1885.

 

Transept sud de la cathédrale de Soissons

Transept sud

 

Cathédrale de Soissons, Vierge en majesté

Vierge en majesté

 

 - le transept nord : il est différent de son vis à vis car, parce qu'il a été construit plus tard, il est constitué de 3 niveaux d'élévation (période dite du gothique classique) tout comme le choeur et la nef. Son mur-pignon est plat et il a été percée pour y installer une rose. 

- deux tableaux dans le transept nord : d'une part, celui de Rubens peint en 1620 représentant "l'Adoration des bergers" avec la Vierge qui allaite son fils, Jésus Christ et, d'autre part, celui de Philippe de Champaigne qui est intitulé "La remise des clés du Royaume à Saint Pierre".

 

Cathédrale de Soissons, tableau de Rubens

L'Adoration des bergers

 

- le chœur entouré par des grilles (18ème siècle) dans lequel on peut voir une Vierge noire . 

- des vitraux dont certains datent du 13ème siècle quand d'autres sont du 20ème siècle.

- la rose de la façade occidentale (fin 13ème siècle) qui est en cours de restauration après avoir été sérieusement abîmée lors d'une tempête en 2017.

Pour ceux qui ne redoutent de devoir monter 354 marches, il est possible de se rendre au sommet de la tour qui culmine à 75 m pour profiter d'un panorama à 360 degrés sur la ville.

 

L'abbaye Saint-Jean des Vignes 

Un peu d'histoire :

Elle a été fondée en 1076.

Au 13ème siècle, à la demande de l'Abbé Raoul, l'abbaye est reconstruite pour remplacer les bâtiments romans par des constructions de style gothique.

1520 : l'abbaye est à son apogée : 150 moines y vivent et ses revenus proviennent de 30 fermes qui sont rattachées.

1567 : l'abbaye est saccagée par les Huguenots

1789 : lors de la Révolution française, les moines sont expulsés.

1818 : les militaires occupent le site et y ouvrent un arsenal en 1844 pour y stocker des armes et un centre d'approvisionnement.

Entre 1805 et 1825, l'église, que Napoléon avait rendue au clergé, leur servit de carrières de pierres pour financer la restauration de la cathédrale.

A voir,

- l'abbatiale : il ne reste que sa façade occidentale sculptée avec ses portails réalisés au 13ème siècle, son Christ en croix du 16ème siècle et ses 2 clochers mesurant, 75 m de haut pour celui du sud (1480-1515) et 80 m de haut pour celui du nord (1480- 1521).

 

Abbaye Saint-Jean des Vignes de Soissons

 

- le  grand cloître (14ème siècle) dont il ne subsiste plus que les 2 galeries ouest et sud richement décorées.

Soissons, le grand cloître de l'Abbaye Saint-Jean des Vignes

Soissons, le grand cloître de l'Abbaye Saint-Jean des Vignes

 

- le petit cloître édifiée entre 1541 et 1557 dans le style renaissance. 

Soissons, le petit cloître de l'Abbaye Saint-Jean des Vignes

Soissons, le petit cloître de l'Abbaye Saint-Jean des Vignes

 

- le réfectoire long de 36 m et large de 10 m est divisé en 2 nefs avec, juste à l'étage inférieur, le cellier qui a les mêmes dimensions, tous les deux ayant été édifiés au 13ème siècle. 

 

Soissons, le réfectoire de l'Abbaye Saint-Jean des Vignes

Le réfectoire

Soissons, le cellier de l'Abbaye Saint-Jean des Vignes

Soissons, le cellier de l'Abbaye Saint-Jean des Vignes

Soissons, le cellier de l'Abbaye Saint-Jean des Vignes

Soissons, le cellier de l'Abbaye Saint-Jean des Vignes

 

- le logis de l'abbé (16ème siècle) avec sa tour d'escalier.

 

L'abbaye Saint-Léger

Elle a été fondée en 1139, a souffert de la guerre de Cent ans et ne s'est jamais remise des guerres de religion. De nos jours, les bâtiments ont été transformés pour y accueillir un musée d'art et d'histoire dans lequel sont exposés les résultats de fouilles archéologiques entreprises dans la région, un plan reliquaire du 16ème siècle autour duquel est racontée l'histoire de la ville de Soissons, des tableaux, etc ....

Pour plus d’informations sur le musée, cliquez ici

On peut en profiter pour visiter le cloître (2 galeries conservées) du 14ème siècle, la crypte romane de la fin du 11ème - début du 12ème siècle et l'abbatiale du 13ème siècle (choeur, transept) et du 14ème, 16ème et 17ème siècle.

Abbaye Saint-Léger de Soissons

Abbaye Saint-Léger de Soissons

Cloître de l'abbaye Saint-Léger de Soissons

Cloître de l'abbaye Saint-Léger de Soissons

Crypte de l'abbaye Saint-Léger de Soissons

Crypte de l'abbaye Saint-Léger de Soissons

 

L'Hôtel de Ville

De style néoclassique, il a été construit entre 1775 et 1778 à l’emplacement où, autrefois, se dressait le château-fort. D'abord siège de l'intendant qui était le représentant du roi dans la généralité pour les affaires de police, justice et finances, il fut transformé en Hôtel de Ville en 1834.

Côté est, un jardin à la française est ouvert au public.

Hôtel de Ville de Soissons

Hôtel de Ville de Soissons

 

L'abbaye Saint-Médard (elle est située à la périphérie de la ville, à 1,4 km de l'office du tourisme)

En 557, Clotaire, fils de Clovis, roi des Francs fonde l’abbaye Saint-Médard dans laquelle il fait transporter la dépouille du saint mort vers 558-560 et qui était très vénéré. Il s'y fera enterrer en 561 de même que son fils, Siegebert en 575. Ainsi, l'abbaye devient une nécropole royale et fait partie des centres religieux parmi les plus importants du royaume jusqu'au 12ème siècle.

751 : Pépin le Bref s'y fait sacrer roi des Francs (début de la dynastie des Carolingiens).

9 octobre 768 : son fils Carloman y est fait roi.

De nos jours, il ne reste pas grand-chose de la grande époque de cette abbaye hormis la crypte carolingienne, une salle et un cellier gothique et un bout de fortification. Quant au grand corps de logis, il date de 1765.

Il faut se renseigner auprès de l'office de tourisme pour connaitre les dates des visites guidées. 

 

A voir si vous avez du temps :

- la tour Macé (rue du Théâtre romain) qui est le seul vestige de l'enceinte médiévale. 

- un vestige de l'enceinte gallo-romaine à l'angle de la place Mantoue et de la rue de l'Evêché.

- Place Fernand Marquigny, l'église Saint-Pierre du 12ème siècle et sur la gauche, juste à côté, un pan de mur percée de 2 fenêtres romanes qui sont les seuls vestiges de l'abbaye royale de bénédictines fondée à l'époque mérovingienne, l'abbaye Notre-Dame, qui a complètement disparue à la Révolution.

- la maison égyptienne (22 rue du Collège) : elle date de 1925.

 

Soissons, maison égyptienne

 

- la maison sise au n°10 de la place du Cloître présente une façade avec des fenêtres en ogive datant du 13ème siècle.

- l 'Hôtel Barral (n°16 rue Saint-Léger) qui est un hôtel particulier construit entre le 17ème et le 18ème siècle.

- le pavillon de l'Arquebuse (21 rue de l'Arquebuse) construit avec des pierres et des briques en 1626 dans le style des habitations de la place des Vosges à Paris. 

- de nombreuses maisons "art déco" dans le cadre de la reconstruction mais aussi le cinéma "Le Clovis" (rue du Beffroi) et le monument aux Anglais qui date de 1923 (place Fernand Marquigny). A la différence de "l'art nouveau" et ses courbes, "l'art déco" privilégie les formes géométriques, des roses stylisées comme ornementation, des bow windows, des toits terrasses, des immeubles à pans coupés, etc ....

 

Soissons, cinéma Le Clovis

Cinéma Le Clovis

Soissons, monument des Anglais

Soissons, monument des Anglais

 

Belle balade

 

Lire aussi mon article en cliquant sur le lien suivant :

Randonnée à vélo dans l’Oise de Compiègne à Villers Cotterets en passant par Pierrefonds

 

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Publié dans Hauts de France

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